L'opération Dragoon correspond au deuxième débarquement allié en France et au troisième débarquement en Europe, elle est lancée le 15 août 1944. Une heure plus tard, malgré les bombardements ennemis, les premiers éléments touchent terre. Le plan d'opération ne prévoit le déclenchement de l'attaque contre Toulon que 15 jours après le débarquement, une fois mis à terre les deux premiers échelons de l'Armée française, l'artillerie et les munitions nécessaires.
Or, dès le 18 août, Toulon est attaqué, au galop de charge, avec les seuls moyens disponibles. Seize mille combattants sont à pied d'œuvre avec 30 chars et quelques batteries. En face, les Allemands disposent d'environ 25000 soldats et marins, solidement retranchés dans les puissants ouvrages hérissés d'armes automatiques et garnis de 250 canons.
Dès lors, durant cinq jours et cinq nuits farouches, nos troupes vont asséner de toutes parts à l'adversaire des coups de plus en plus violents à une cadence sans cesse accrue, et l'acculeront finalement à la capitulation (...).
Le 26, nous occupons la ville de Toulon. Le 27 à midi, l'amiral Ruhfus, réfugié dans la presqu'île de Saint-Mandrier, avec son état-major et 2500 hommes d'élite, capitule sans conditions. Mais, dès le 20 août, l'évolution de la bataille de Toulon m'avait décidé à entamer sans plus attendre l'action vers Marseille. II s'agit de profiter des succès déjà acquis et surtout d'empêcher les Allemands d'envoyer des renforts.
C'est pourquoi les Tabors marocains foncent dans le sillage de la 1ère DB et des éléments de la 3ème DIA déjà engagés sur la route en direction d'Aubagne. Alors la manœuvre s'amplifie autour de Marseille dont les portes sont atteintes le 22.
Déjà, depuis trois jours, l'insurrection a éclaté dans la ville dont les FFI ont libéré les rues,en refoulant vaillamment l'ennemi à l'intérieur de ses points d'appui. Le 23 août, les Algériens de la 3ème DIA et les chars de la1ère DB poussent une pointe audacieuse jusqu'au Vieux-Port et donnent la main à la Résistance. l'épilogue :
http://www.netmarine.net/g/dossiers/debarqprovence/
..........Jean de Lattre sert ensuite au Maroc (de 1921 à 1926) sous les ordres de Lyautey. Il y est blessé et trois fois cité (guerre du Rif). Il est promu Chef de Bataillon en 1926. En 1927, il entre à l'Ecole de Guerre. La même année, il se marie avec Simone de Lamazière. Son fils Bernard naît en 1928. En 1935, il commande le 151ème Régiment d'Infanterie à Metz. Il est promu, en 1939, Général de Brigade, Chef d'Etat-major de la Cinquième Armée.
..........En juin 1940, il se bat à Rethel à la tête de la 14ème Division. Nommé Général de Division et Commandant des troupes de Tunisie en 1941, il est rappelé en France en 1942. Il est alors nommé Général de Corps d'Armée et commandant de la Division de Montpellier. Au moment du débarquement allié de novembre 1942, il tente en vain d'entraîner ses troupes en dissidence et de combattre les Allemands qui ont envahi la zone dite " libre ". Arrêté, condamné à 10 ans de prison, il s'évade de la prison de Riom et rejoint Londres où il se met à la disposition du Général de Gaulle (novembre 1943), qui le nomme Général d'Armée. Le Général Giraud, alors commandant en Chef des Forces Françaises d'Afrique du Nord, le met à la tête de l'Armée B, embryon de la future Première Armée Française, à laquelle il donne une âme.
..........En juin 1944, il prend l'île d'Elbe, puis débarque le 15 août 1944 en Provence avec les Forces américaines. Après regroupement sous ses ordres des quatre divisions du Corps Expéditionnaire Français, qui précédemment sous les ordres du Général Juin se sont couvertes de gloire, ouvrant les portes de Rome aux Alliés, le Général de Lattre est à la tête d'une Armée B forte de 250 000 hommes, répartis en deux divisions blindées et six divisions d'infanterie que renforcent de nombreux éléments non endivisionnés. L'armée B libère Marseille et Toulon, remonte la vallée du Rhône, entre dans Lyon, Dijon. Après les durs combats dans les Vosges et la prise de Belfort, elle arrive à réduire, en février 1945, la poche de Colmar.
..........L'Armée B, forte de 450 000 hommes par l'amalgame réussi de nombreuses unités FFI, est devenue " Première Armée française, le 25 septembre 1944, après la prise de Besançon. La première Armée française participe à la traversée du Rhin et parvient, après une poursuite magnifique, jusqu'au bord du lac de Constance, en territoire autrichien. Désigné par le Général de Gaulle, le général de Lattre signe, à Berlin, le 8 mai 1945, aux côtés des chefs alliés, l'acte de capitulation de l'Allemagne nazie.
..........Chef d'Etat-major général de l'Armée de terre et Inspecteur général de l'Armée de terre (1945 - 1946), le Général de Lattre devient en 1948 le premier commandant des forces terrestres d'Europe occidentale puis il est nommé, en 1950, Haut Commissaire en Indochine.
..........En quelques mois, le Général de Lattre accomplit un retournement inespéré. Son fils Bernard, jeune officier de 23 ans, trouve la mort, à la tête de sa compagnie, le 20 mai 1951, au cours d'un combat héroïque sur le rocher de Ninh-Binh, au Tonkin.
..........Terrassé par la douleur et par un cancer, le général de Lattre meurt le 11 janvier 1952. Il reçoit, à titre posthume, la dignité de Maréchal de France. Après les obsèques nationales célébrées à Notre Dame de Paris il est inhumé, le 18 janvier, dans le cimetière de Mouilleron en Pareds aux côtés de son fils. La Maréchale, décédée le 11 juin 2003, repose depuis cette date aux côtés de son mari et de son fils dans le petit cimetière vendéen.
Lors du débarquement américain en Afrique du Nord en 1942, il est commandant de la 5ème Brigade d’Infanterie d’Afrique et s’engage pour faire cesser les combats. A la tête de la 3ème D.I.A. , il participera aux combats contre les Allemands en Tunisie. De novembre 1943 à juillet 1944, sa division est engagée en Italie et s’illustre par la prise du Belvédère.
Cinq jours après le débarquement de Provence du 15 août 1944, après l’enveloppement de Toulon, il fonce sur Marseille et de Lattre écrit: “ A certains moments, la difficulté est de faire avancer ses troupes. Mais à d’autres, elle est de les retenir. ” Le 23 août le colonel Chappuis, à l’avant-garde, malgré les ordres, se laisse aspirer par la foule jusqu’à la Canebière. Monsabert s’installe au Quartier Général de la 15ème Région Militaire au coeur de la ville et au beau milieu du dispositif ennemi. Marseille est libérée le 28 août et de Lattre enverra son célèbre télégramme au Général de GAULLE : “Dans le secteur de l’Armée “ B ” , aujourd’hui J+13, il ne reste plus un Allemand qui ne soit mort ou captif. ”
De même que l’U.S. ARMY nous considéra dès le début comme des citoyens américains pour nos approvisionnements au combat, nous ne fîmes jamais de différence entre nous, comme le montre le récit ci-après sur la mort du chauffeur du Général de Monsabert : “ …Dans quelques instants, il (le général) va mettre le pied sur le sol de la patrie, un instant sacré. Son chauffeur berbère, le fidèle Manceur, aussi ému que lui, se permet une pudique familiarité et s’exclame: “Mon général, à partir d’aujourd’hui, vous et moi, c’est à la vie, à la mort. ” Comme tout officier de l’Armée d’Afrique, Montsabert sait parfaitement ce que signifie l’hommage lige spontané et désintéressé que lui offre un soldat musulman. Il ne sait pas encore qu’au bout de 100 mètres en terre de métropole le chauffeur sera tué net, victime d’une attaque aérienne. Le vieux général se sent alors obligé de s’isoler un instant pour pleurer la mort d’un modeste tirailleur.”
Commandant le 2ème Corps d’Armée, de Monsabert s’emparera de Stuttgart et sera le premier commandant en chef de la zone d’occupation des troupes françaises en Allemagne.
Il quittera l’armée le 30 septembre 1946 et sera élu député des Basses Pyrénées de 1951 à 1955.
Il meurt le 13 juin 1981 laissant le souvenir d’un homme de contact, sachant conquérir prestige et confiance auprès de ses hommes au combat.
Il était Grand Croix de la Légion d’Honneur, Compagnon de la Libération, et Parrain de la 169ème Promotion de Saint-Cyr (1982-1985) |