9 jours après la déclaration d'Evian, 8 jours après le cessez le feu, au lendemain du massacre de la rue d'isly, le gouvernement exprime son cynisme et sa légereté criminelle.
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En ces jours difficiles que traverse l'Algérie, je m'adresse à tous les fonctionnaires et Agents des Services publics qui servent actuellement, à quelque titre que ce soit, dans les départements d'Algérie et du Sahara ; beaucoup d'entre vous s'interrogent et s'inquiètent sur leur propre avenir et je les comprends. Vous avez servi dans ce pays avec les qualités traditionnelles de la fonction publique française et vous vous demandez très légitimement de quoi votre avenir sera fait. |
Contre menaces, chantages, attentats et disparitions, le gouvernement en place fit preuve d'une incurie totale. Quant aux reclassements et à la solidarité nationale, il en fut pour eux comme pour le reste de la communauté : Eparpillement géographique, mesurettes, et aumônes dérisoires. Honteux est un terme bien faible pour résumer la réalité de cette bassesse qui a consisté à faire croire que les garanties de façade données par les accords d'Evian seraient honorées et surtout que l'on avait en haut lieu le désir de les faire respecter. A cette époque l'état n'en était plus à un vilenie près. Nous avions affaire à des experts de la manipulation et de l'infamie. Alors qu'aujourd'hui on parle tant de demandeurs d'emplois, il est remarquable de voir qu'à l'époque le nombre de rapatriés inscrits au chômage était pratiquement nul. C'était une démarche qu'ils ne connaissaient pas et chacun eut à cœur de se recaser au plus vite. Quant aux fonctionnaires, ce ne furent évidemment pas les premières places qui leur furent réservées. (HISTORIA Spécial N°1867 juin 1987) |
Nota : Pierre Guillaumat est ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de l'énergie atomique, de la recherche et de la fonction publique de février 1960 à avril 1962. Il est ministre de l'Éducation nationale, par interim, du 22 novembre 1960 au 20 février 1961.
Mis en ligne le 21 dec 2010